Le 12 février 1541, Pedro de Valdivia trace l'emplacement de la plaza de Armas au pied de la petite colline de Santa Lucia, créant ainsi la ville de Santiago. Aujourd'hui la capitale s'étend sur une surface d'environ 40kms sur 40kms. Elle est idéalement située, à 140 kms de la mer et 50 kms des domaines skiables.
Il fait une chaleur étouffante à Santiago, sur la Place des Armes des enfants pataugent dans la fontaine centrale, les bancs à l'ombre des arbres sont pris d'assaut, les marchands ambulants font recette avec les glaces, les nombreux pigeons attendent patiemment un reste de cornet. Cette place est le coeur de la ville ! A deux pas les passeos Ahuamada Puente et Huérfanos. Les deux rues piétonnes sont bondées de monde, surtout côté ombre. Les kiosques n'ont pas bougé depuis mon dernier passage. Je longe les commerces, redécouvre les nombreuses galeries marchandes qui relient secrètement les rues entre elles.
Je m'aventure sur le Cerro San Cristobal, cette fois-ci sans le funiculaire, mais en empruntant un sentier qui traverse la petite forêt aux odeurs d'eucalyptus. Au sommet, je peux admirer la capitale chilienne dans sa globalité.
Plus de 80% des 17 milions d'habitants vivent en ville. L'origine de la population actuelle vient surtout du brassage de la population autochtone (Aymaras, Atacamenos et Mapuches), mélanges avec les conquistadors espagnols au fil de l'histoire. Les différentes ethnies indiennes ont ainsi été, soit intégrées complètement par le métissage, soit decimées. Après l'indépendance, le gouvernement chilien a encouragé la venue d'émigrants. Les allemands formèrent le plus gros contingent et s'installèrent dans la région des lacs . Yougolaves, francais, italiens, suisses et anglais se répartirent sur le territoire. Puis la guerre d'Espagne et la première guerre mondiale ont amené un nouveau flux d'émigrants : Espagnols fuyant le régime de Franco, juifs d'Europe centrale, palestiniens, libanais...
Les origines de la famille de Ruby remonte a l'époque des conquistadores. Rencontrée dans la vallée magique d'Elqui, je la retrouve à Santiago, et visite de nouveau cette ville, avec cette fois un guide de premier choix. Au pied du cerro San Cristóbal, nous faisons du stop pour rejoindre la piscine Tupahue, la première voiture nous invite à monter, ce sont deux mèdecins qui se rendent également à la piscine. Leur statut nous permettra d'entrer gratuitement dans cette piscine hors de prix. Escapade à Valparaíso, ville chargée d'histoire, car dernière ou première escale avant le passage du Cap Horn (Avant la construction du canal de Panama) et Vina del Mar la station balnéaire chic du pays. Aujourd'hui il y a beaucoup de monde sur la place des armes pour rendre hommage à Gladys Marín. Secrétaire générale du parti communiste chilien pendant de nombreuses années, et figure importante de la résistance à la dictature du Général Pinochet, Gladys Marin est décédée hier d'un cancer et restera dans la mémoire pour son courage.
Au nord est de Santiago, se trouve le quartier de Providencia. Plus qu'un quartier, il s'agit d'une ville moderne, composée d'immeubles ultra modernes, d'énormes galeries marchandes et d'avenues impeccables. Voilà le Santiago du XXIe siècle, avec ses cohortes de bureaucrates, hommes d'affaires et secrétaires. A la tombée de la nuit, ce quartier est aussi une grande zone résidentielle avec des rues calmes et des allées verdoyantes bordées de maisons cossues. Depuis quelques années, on trouve aussi des coins de plus en plus animés le soir, telle la rue Suecia où sont concentrés bars, pubs et boites de nuit.
J'emprunte la ligne... pour me rendre chez Ruby, qui vit dans le quartier de Providencia. Le métro moderne de Santiago est equipé d'écrans géants qui diffusent en permanence les clips de Lenny Kravitz. Le chanteur se produit dans quelques jours au stade de la ville.
Chez Ruby, je déguste mon plat favori : un énorme plat de pâtes! auquel je n'ai pas goûté depuis longtemps. Je profite de ma présence dans ce quartier pour aller m'inscrire au marathon de Santiago prévu le 10 avril. Après avoir rempli le formulaire, je demande le nombre d'inscrits, mon interlocuteur me répond satisfait, 350 personnes à ce jour et on espère 500! d'accord...j'ai l'impression que ce sera une course en solitaire!
Le quartier abrite des Malls impressionnants. On peut trouver quasiment tout dans ces centres commerciaux. Je m'achète une paire de chaussures appropriée pour le marathon et l'entraînement.
Le matin, je quitte régulièrement l'hôtel de bonne heure pour aller courir en longeant le rio Mapocho et traverser les parcs Forestal et Balmadea. Au cours d' une de ces sorties je rencontre Amar, un coureur infatigable toujours au rendez-vous du matin.
Le nombre de personnes entretenant les parcs est impressionant. Je fais la connaissance de certains à force de demander à remplir ma bouteille d'eau avec les tuyaux d'arrosage.
Avant l'arrivée des espagnols, il existait surtout deux pôles de culture musicale bien différents : les Atacamenos du nord, avec une musique cousine de celle des incas, et les Mapuches dont la tradition fût moins diffusée. La musique andine du nord, se tansformera au fil du temps pour être aujourd'hui la Cueca, danse folklorique nationale. Les années 1960 amènent la "Nueva Cancion Chilena". Le 11 septembre 1973, lors du coup d'état, plusieurs représentants de la chanson chilienne sont en tournée, d'autres comme Victor Jara, auront moins de chance. Ce dernier fût torturé et assassiné. Pendant la dictature, la seule musique autorisée fût celle dépouillée de toute critique sociale.
A partir des années 1980, musique rock et cebolla. A présent on entend évidemment beaucoup de musique anglophone. Cependant des groupes nationaux se frayent un chemin, tel que, Los tres, La Ley, Javiera Parra, Myriam Hernandez, Eduardo Fuentes. On écoute aussi beaucoup d'artistes d'autres pays latinos comme, Miguel Bose, Sumo, Mecano et surtout actuellement la Ojera de Van Gogh. La salsa a fait son entrée aussi et des salsotecas se sont ouvertes un peu partout.
Sur le balcon d'un immeuble de Providencia, je prends un cours de salsa. Ca bouge tellement que le sol se met aussi à vibrer...ce n'est pas qu'une sensation ¡ je vis mon premier tremblement de terre. En fait il s'agit d'un Temblor, une secousse légère. Il s'en produit environ 500 chaque année. Le Chili est un des pays les plus touchés au monde par les tremblements de terre.
Joanita, rencontrée à Caldera me rend une visite surprise. Elle s'inquiète de ne pas recevoir de nouvelles. Elle me conseille de manger un peu plus me trouvant amaigri. Sympa les chiliennes! tout comme le personnel de l'hôtel qui me propose de changer de chambre, et loger dans une plus spacieuse pour deux personnes, et pour le même prix.
Je vis ma première averse sur Santiago. Etrange ¡ ça sent la fin de l'été!
Ce soir je me rends chez Wilson en compagnie de Ruby. Wilson et sa famille logeaient dans le même hôtel que moi à la Serena. Sa femme Nelly s'occupe de l'asado (barbecue) dans le jardin. Wilson est un passionné d'astronomie et nous fait part d'histoires étranges dans la vallée d'Elqui. De retour dans le quartier de Providencia nous nous rendons dans une salsoteca où se produit un groupe cubain.
Ce matin, j'aperçois depuis le balcon de Ruby, les chaînes de montagnes enneigées qui entourent Santiago. Résultat de l'averse de la veille qui a la caractéristique de rendre le ciel propre.
A l'hôtel, je fais la connaissance d'Olivier et sa famille, des français qui font un tour du monde. Ils arrivent du sud du pays et vont partir visiter les îles polynésiennes.
L'île de Chiloe a toujours occupé une place à part au Chili, par son isolement et sa spécificité géographique, historique et culturelle. Après la révolte des Mapuches en 1598 sur le continent, Chiloe connut une longue période d'isolement. Les chilotes furent les derniers à accepter la rupture avec l'Espagne. De cette histoire est née une population atypique aux traditions fortes. La pluie aussi fait partie de l'histoire : 60 jours de soleil par an!
Les ressources de cette île longue de 200kms et large de 50kms, sont essentiellement, la pêche, le ramassage des algues destinées au Japon, la culture céréalière, celle des fruits et de la pomme de terre, et l'exploitation du bois.
En 1858, Aurélie Antoine de Tounens, un français originaire du périgord, débarque à Valparaíso et s'installe en Araucanie en 1860. Il estime que l'indépendance du Chili n'a pas affecté les territoires de L'Araucanie, au sud du pays, et toujours libre. Il déclare donc l'Araucanie monarchie indépendante, l'appelle Nueva Francia et se proclame roi. Une grande partie de la société Mapuche le soutient, voyant en lui un appui exterieur dans la lutte contre les chiliens qui envahissent de plus en plus leur territoire. Il pose d'importants problèmes diplomatiques au Chili, contribue à l'union du peuple mapuche et devient son porte parole à l'extérieur du pays. En 1862, il est arrêté par le gouvernement chilien, et condamné à dix ans de prison comme ennemi de la nation chilienne. Il sera libéré grâce à l'intervention du consulat de France. De retour en France, il réalise une grande campagne de soutien et fera encore de nombreuses tentatives pour faire valider son royaume
sans succès.
Après voir parcouru 1016 kms pour atteindre Puerto Montt, nous embarquons sur un ferry pour rejoindre l'Ile de Chiloe. Nous parcourons une partie de l'île pour nous rendre à Castro, la ville principale. Premières sensations et visions, c'est un décor très différent et incomparable au reste du pays. La végétation est fournie sans être exhubérante. Le climat me rappelle celui de la Bretagne, brume matin et soir, averse et éclaircie en alternance la journée. Les maisons multicolores sont faites de bois avec des styles différents comme les Palafitos, maisons de pêcheurs sur pilotis. Nous embarquons sur un petit chalutier pour une sortie dans la baie. A cette occasion nous apercevons quelques lions de mer en train de lézarder sur une balise de signalisation. La population est chaudement vêtue. La température a chuté de 10 degrés depuis notre départ de Santiago.
Nous visitons alors l'île en empruntant chaque jour un bus différent qui serpente sur les collines de l'île.
Isla Quinchao, sur laquelle se trouve la plus vieille église de l'île. Delcahue, joli village, qui tient son nom de Dalcas (petits bateaux) que fabriquaient les indiens ici. Dans chaque village, l'église semble être une copie du village précédent. De style colonial et toujours en bois. Les rues sont plutôt désertes...encore un point commun avec la Bretagne.
Randonnée dans le parc national de Chiloe. Les petits sentiers de randonnées qui se faufilent dans la forêt ressemblent à des couloirs. Les arbres voûtés sont tous différents et semblent nous observer. De nombreux oiseaux volent au raz du sol, dans les troncs creux d'arbres morts ou dans l'épaisse végétation. La vie de cette forêt ne semble pas être dérangée par notre présence. Dans le bus qui nous ramène à Castro, seul le chauffeur est éveillé. Bercé par le relief de cette île magnifique, j'essaie de rester éveillé pour admirer le paysage à chaque sommet de colline.
Il règne à Chiloe une atmosphère incroyable de tranquillité et il semble impossible de ne pas rentrer dans le rythme de Chiloe.
Rebâtie après sa destruction par les Mapuches, puis détruite de nouveau après le plus puissant tremblement de terre jamais enregistré sur la planète (1960), Valdivia est un mélange d'édifices modernes et d'anciennes demeures de colons allemands venus s'installer en 1850.
De superbes parcs à proximité, des rivières qui parcourent la ville. Valdivia est aujourd'hui une des villes les plus prospères du Chili.
Nous déambulons dans le parc de l'universtité Australe sur l'île Teja. Puis nous décidons de pénétrer dans un des bâtiments de cet énorme centre scolaire. Nous nous mêlons aux nombreux étudiants qui déambulent dans les couloirs. Suivant un petit groupe qui rejoint une classe, une des filles nous propose de rentrer dans la classe ¡ Dans les allées extérieures, on nous tend des offres spéciales pour étudiants. Je me demande encore si on nous a vraiment pris pour des étudiants...surtout moi! Sur le port, nous dégustons les nombreuses spécialités provenant de la mer, et en particulier les mariscas (huitres).
Villarrica est une petite ville tranquille, située sur les bords d'un lac qui porte le même nom. C'est la base idéale pour effectuer de nombreuses excursions dans la région. Pucon, à 25kms, de l'autre côte du lac, n'est guère plus grande, mais plus touristique. Il faut dire qu'elle se trouve au pied du volcan actif Villarica.
Nous logeons dans une petite maison familiale tenue par Margarita et ses enfants. Notre chambre est spacieuse et bien equipée. La maison et le cadre naturel sont tels que l'on pourrait rester une éternité ici.
Ce soir, un évènement national se prépare..Chili/Uruguay ¡ Comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde en Allemagne, le Chili se doit de gagner car il serait quasi éliminé. Nous allons suivre cette rencontre depuis notre chambre! les chilenas sont fidèles à leur sélection et ne manqueraient pour rien au monde un match. L'arrivée de la sélection en bus dans la capitale est digne d'une finale de coupe du monde. Plusieurs chaînes retransmettent en alternance ces images. Beaucoup de monde sur le trajet, et un stade plein à craquer. A l'issue du match, les deux équipes ont marqué un but, et ce résultat nul ne fait pas les affaires du Chili.
Nous faisons plusieurs promenades aux abords du lac qui se trouve à proximité de l'hôtel pour admirer le coucher de soleil et surtout les éruptions du volcan de nuit ! Ce volcan qui se dresse et domine la région du haut de ses 2900m fait partie du paysage. L'architecture des deux villes n'est pas trés haute, et il est pratiquement toujours possible d'apercevoir le volcan à chaque coin de rue.
J'apprends qu'il est possible d'en faire l'ascension.
Me voilà donc un beau matin au pied du volcan. Un groupe de 20 personnes et 3 guides composent l'expédition. Nous sommes bien equipés en vêtements chauds et matériel pour neige. Il est possible de faire la première partie de l'ascencion à l'aide d'un télésiège. Je choisis de marcher et je me retrouve avec un argentin passionné de trecking. Aujourd'hui le ciel est nuageux, mais nous sommes maintenant au dessus des nuages et sous un soleil de plomb. Au bout de trois heures, nous rejoignons le reste du groupe. Nous sommes proches du glacier. Le guide nous donne quelques conseils et consignes à suivre concernant la marche sur glacier. Le rythme est maintenant plus lent car la marche plus prudente.
Nous nous rapprochons du sommet, on peut maintenant entendre les souffles de cette montagne tel des rugissements. Nous atteignons enfin le cratère en milieu de journée. Il est interdit d'approcher à moins de 100 mètres du trou central d'où s'échappe une fumée blanche. C'est bien suffisant pour apprécier les quelques éruptions de lave qui font frémir les personnes présentes autour de ce cratère. Les crachats rougeâtres expulsés à plusieurs dizaines de mètres réchauffent l'atmosphère, puis se transmorment rapidement en roche noire. Nous restons une bonne heure admirer ce spectacle de notre bonne vieille terre qui vit. Durant le retour, nous empruntons des petits couloirs enneigés où il est bien plus rapide et amusant de se laisser glisser.
Soirée au casino de Pucon...sans succès ¡
A quelques kilomètres de Vilarica, se trouve Lican Ray et sa plage de sable noir. Je tente de rejoindre un îlot à la nage, mais la température de l'eau n'est pas la même qu'au nord du Chili. Je me contente de lézarder comme tout le monde sur la plage.
Nous sautons de pierre en pierre pour visiter le site de Los Ojos del Caburga. Rivières et cascades noyées dans la végétation avec un fleuve souterrain. L'eau transparente est séduisante pour la baignade, mais la température est cette fois très basse.
Nous descendons du bus à quelques kilomètres de l'entrée du parc de Hurquehue, pour nous rendre dans un camping. Nous pénétrons dans la propriété, deux gros chiens surgissent en aboyant ! plus impressionants que méchants, ils nous accompagnent à la recherche du responsable de ce camping désert. Ruby téléphone à l'aide de son mobile au numéro indiqué sur une brochure, et la maman du propriétaire lui repond en lui précisant que l'on peut s'installer, son fils ne devrait pas tarder...
Après l'installation de la tente, nous partons dans le magnifique parc national Huarquehue. Cascade, lagune, vue panoramique sur des lacs, seul le temps nous fait défaut. Une averse, nous invite rester à l'abri des arbres dans l'épaisse forêt. Etant immobiles, la vie surgit de nouveau autour de nous. Un groupe de pic-verts joue un concert à quelques mètres de nous.
Sur le chemin du retour au camping, nous nous régalons de mûres qui s'offrent à nous le long du sentier. Toujours personne dans ce camping, à part nos deux compagnons gardiens. Après le coucher du soleil, la température baisse également rapidement. Puis une forte pluie tombe dans la région. Nous dînons de sandwichs faits maison. Ruby est quelque peu frileuse, et se retrouve avec quasiment tout ce qu'il y a dans la tente sur elle !
Quelques bruits autour de la tente...ce doit être les chiens attirés par notre repas. Je sors quelques minutes de la tente, puis Ruby me demandera si j'ai vu des lumières dans le coin! Oui! mais en y réfléchissant bien il n'y a personne dans le coin à part nous et les deux chiens !
Avant de prendre le bus pour remonter sur Santiago, nous dégustons un barquillo (glace). Durant ces deux dernières semaines, j'ai un peu abusé des glaces, qui sont excellentes dans le pays, et que l'on trouve partout.
Vu l'étendue du pays et les différents climats, on trouve au Chili une grande variété de produits : poissons, crustacés, légumes, viandes, fruits tropicaux
Il faut savoir aussi que les chiliens sont les premiers consommateurs de pain au monde! La cuisine chilienne est peu relevée. Les épices sont toujours servis à part. C'est surtout la qualité et la saveur des aliments plus que l'art culinaire qui ressort de cette cuisine.
Il y a quatre moments pour se mettre a table. Le desayuno, en début de journée, sucré ou salé. El almuerzo, le repas de midi, qui se prend à partir de 13h00 jusqu'à 15h00. El once! c'est l'équivalent de notre quatre-heures, qui est ici une institution. Il fait aussi office de repas du soir dans certaines familles. Puis La cena, qui est le dîner du soir.
J'ai trouve dans un petit supermercado du barrio Las Condes, les ingrédients nécessaires pour un repas à base de pâtes. Ruby et Paola, semblent satisfaites de cette cuisine et du bon vin qui l'accompagne.
Le quartier de Providencia est moins pratique pour courir que le miens, mais je ne manque pas d'aller m'entraîner en longeant de larges trottoirs de ce quartier résidentiel. Je dois courir la distance d'un semi marathon pour la préparation du marathon qui approche, aussi je décide ce matin de rejoindre le sommet du Cerro San Cristobal depuis mon hôtel du Centro. Au sommet deux joggers se signent au pied de la Virgen.
Les chiliens sont catholiques dans leur grande majorité (plus de 80%). L'influence de l'église se ressent non seulement sur le plan individuel et familial, mais aussi sur le plan social et politique. Difficile de réaliser des campagnes de lutte contre le Sida. Le Chili était jusqu'à peu de temps, sans loi sur le divorce. Le catholiscisme fût la principale influence théorique des militaires au pouvoir durant les 17 années de dictature. Pinochet, catholique pratiquant faisait organiser de grandes cérémonies religieuses à chaque évènement clé de sa dictature. Celà me rappelle un autre pratiquant au pouvoir du plus puissant pays du monde.
Le pape est mort, et ce matin toute les chaînes télévisées chiliennes diffusent des images de la vie de Jean Paul II, et également, en direct depuis la Plaza de Armas, une messe en hommage à Jean Paul II
Je traverse avec peine la place des Armes, en me faufilant parmi la foule de fidèles. Le pape est décédé hier soir, et des des posters géants déroulés sur les façades d'immeubles de cette place le symbolise.
Yann |