Voyage à Madagascar
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MADAGASCAR
L'ÉCONOMIE

N° 241
du 17/12/2001
L'économie malgache,
"sous perfusion" et minée par la corruption

 

Madagascar, un des pays les plus pauvres du monde avec un PNB annuel ne dépassant pas 250 dollars par habitant, a une économie "sous perfusion" et est minée par la corruption.
Bénéficiaire de l'Initiative pour les pays pauvres très endettés (IPPTE), Madagascar est même dans l'incapacité d'utiliser les millions de dollars qui lui ont été accordés.
Le pays affiche pourtant une croissance estimée à plus de 6% pour 2001, et une réduction du déficit budgétaire. Mais le salaire minimum mensuel, dans le secteur privé, est inférieur à 30 euros. Cette main-d'¦uvre bon marché fait de Madagascar un pays attractif pour les industries étrangères qui cherchent à se délocaliser. Les zones franches, qui ont fêté récemment leur 10ème anniversaire, ont créé 100.000 emplois, textiles essentiellement, et uniquement dans les villes. Le textile est ainsi devenu le premier pourvoyeur net de devises du pays, avec 200 millions d'euros par an.
Selon les chiffres officiels de 2001, le tourisme arrive en deuxième position, avec 96 M EUR, au rythme de 100.000 touristes par an, en croissance régulière, et ensuite les crevettes, de pêche ou d'aquaculture, avec quelque 12.000 tonnes exportées, pour 81 M EUR.
Cette embellie ne profite qu'aux villes, qui concentrent 10 à 15% des 15 millions d'habitants de l'île, et où subsistent d'importants bidonvilles. Les 12 millions de Malgaches du secteur rural vivent dans une quasi-misère.
Vanille, café, girofle, viande de zébu et même riz, qui faisaient la richesse de Madagascar, ont subi de plein fouet la désorganisation chronique des filières, après 10 ans de libéralisation totale, souvent anarchique, et les aléas des cours mondiaux, affectés par l'émergence de pays concurrents.
La corruption s'est installée "et même institutionnalisée". Elle accueille le visiteur dès l'aéroport, aux contrôles de douane et de police. L'étendue de ces pratiques dissuade de plus en plus les capitaux privés étrangers, malgré les mesures fiscales incitatives. Et d'autant plus que, malgré la libéralisation de l'économie, la terre reste celle des ancêtres: les étrangers n'ont toujours pas le droit d'être propriétaires.
Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé dans son dernier rapport annuel sur le pays, que les performances de Madagascar sont satisfaisantes tout en soulignant que la pauvreté reste généralisée. Dans cette revue annuelle, effectuée le 5 décembre, le Fonds indique que "la croissance économique s'est accélérée et l'économie s'est davantage diversifiée. L'inflation a été fortement réduite et le déficit de la balance des paiements extérieurs est inférieur aux prévisions alors que les réserves officielles ont augmenté".
Concernant les finances publiques, le FMI signale que les résultats pour la première moitié de 2001 ont été mitigés "avec un déficit général inférieur aux prévisions mais un objectif manqué pour les recettes". Le Fonds s'inquiète des faibles résultats des recettes en 2001 ce qui a eu un impact négatif sur les dépenses sociales et les investissements. Mais le Fonds s'est félicité des réformes en cours pour améliorer la collecte des impôts et a appelé à la poursuite de la réforme des douanes. Les privatisations en 2002 devrait faire augmenter les recettes de l'Etat. Au programme, cettes du secteur des télécommunications, du coton et du sucre. La croissance réelle du PIB sera de 6,7% en 2001 avec une inflation autour de 4,5%, selon les prévisions du FMI


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