QUITO - EQUATEUR - 03/01/05
J'espère que les fêtes se sont bien passées et je vous souhaite à tous une année de bonheur avec beaucoup de bonnes surprises. Une pensée aussi pour toutes les personnes touchées par le Tsunami en Asie.
Noël
A l'approche des festivités de fin d'année, les décorations ont habillé les rues, les magasins, mais surtout les habitations. La nuit venue, les guirlandes qui ornaient les sapins, scintillaient derrière les fenêtres.
En Equateur comme ailleurs, la tradition veut que noël se passe en famille.
Malgré le peu de moyens financiers d'une grande partie de la population, la coutume des cadeaux est aussi respectée. Les magasins ont fait le plein, surtout le 24 décembre. Ce jour-là, plus que d'habitude, les enfants mendiants étaient nombreux dans la rue.J'ai passé cette fête chez la famille de Janeth. La maison se trouve sur les hauteurs de Quito, à une heure de bus du centre ville où je loge.
Ce ne fut pas difficile de réunir toute la famille Robalino, car frères et surs habitent tous dans la grande maison.
Luis, le papa, a 58 ans et est à la retraite, mais il s'est acheté un taxi il y a peu de temps pour améliorer sa retraite, mais aussi pour rester actif.
Elva, sa femme, est également à la retraite après une carrière dans la restauration. Très active, elle chante dans la chorale de la municipalité de Quito.
Au deuxième étage, habitent Jimmy, sa femme Natalia et leurs deux filles Caroll et Soledad. Jimmy, est l'un des trois garçons. Il est taxi et aussi président du club de foot du quartier, le Napoli.
Au sous-sol, Paula est l'une des deux filles, elle étudie pour être guide écotourisme. Elle a aussi ouvert sa petite tienda (boutique) depuis la maison qui donne sur la rue, et propose des glaces. Ca tombe bien, j'adore ça !!
Adrian est étudiant et devrait être maquettiste. Il est présent tous les dimanches sur le terrain de foot portant les couleurs du Napoli.
Henrry est avocat, et aussi un sacré fêtard !
Au bout du jardin, une autre maison qui abrite un autre frère, c'est William, avec sa femme Gloria et les enfants, Andres, Mauro et Valeria. William est maquettiste publicitaire, mais également taxi.
Quelques jours avant Noël, Gloria est tombée subitement malade. Ses beaux parents et William l'ont alors amenée d'urgence à l'hôpital. Premier diagnostic, plutôt flou, avec opération ! Dans le doute, Elva prend la décision de consulter un autre hôpital (consultation payante non remboursable). Ce dernier sera plus rassurant et diagnostiquera une affection rénale avec un traitement à suivre. Gloria retrouvera sa forme pour Noël.
Il faut dire que chez les Robalino on est plutôt méfiant avec les hôpitaux. Une tante est décédée suite à une erreur de diagnostic pour une appendicite. Un oncle est devenu aveugle après avoir reçu un traitement optique
ce n'était pas le bon il ! (il est aujourd'hui guitariste professionnel).
Revenons au réveillon
toute la famille est installée dans la salle à manger, après une longue prière, Paula est chargée de faire la distribution des cadeaux. Une pile de cadeaux masque la partie inférieure du sapin. Ah
un petit détail, dans la semaine nous avons joué a el amigo secreto, qui consiste à inscrire le nom de chacun sur un papier, puis après un tirage au sort, à faire un cadeau à la personne désignée.
Le repas est copieux. De par sa taille, la dinde va nourrir toute la famille pendant deux jours. Il faut savoir que cette volaille coûte très chère en Equateur, car très difficile à élever ici.
Le lendemain matin, je croise Adrian, de retour à la maison, accompagné de quelques amis. Il m'explique qu'après nous avoir quitté la veille, il a rejoint un de ses amis qui a ouvert une salle de billard dans le quartier. Ils ont ensuite fermé la salle pour continuer la fête ensemble à l'intérieur. Ils se sont fait ensuite braquer par une bande armée et dévaliser !
Jour de l'an
Une semaine plus tard, de nouveau une fête internationale, mais cette fois-ci avec des traditions différentes. Ce dernier jour de l'année, l'avenue Amazonas du centre ville est noire de monde. Il y a une multitude d'échoppes qui se sont installées à l'occasion. Les mini citernes de bière remportent un gros succès car il fait très chaud aujourd'hui..28. La grande animation est la présence d'une quinzaine de stands où sont juchés des marionnettes géantes représentant des personnalités. Celles-ci sont critiquées sur leurs compétences et actions durant l'année passée. Chaque stand est numéroté et la foule est invitée à voter pour le stand le plus beau ou le plus provoquant.
On peut croiser également dans la rue des travestis munis d'un sac à main qui leur sert de tirelire. Plus le show et le déguisement du senor sera réussi et plus son sac se remplira rapidement.
Au coucher du soleil, on peut voir de nombreux feux sur les trottoirs de Quito. On brûle ainsi l'année écoulée.
Une nouvelle fois, je prends le bus Condor Mirador, pour me rendre chez la famille Robalino, qui m'a invité pour le réveillon de fin d'année.
Comme tous les ans, le club de Napoli organise une fête qui se passe dans la rue face à la casa Robalino. C'est d'ailleurs la maison qui alimente en électricité la grosse sono. La boutique de Paula est pleine à craquer. Sur la scène, les deux DJ se chauffent et la musique se fait entendre. Les gens du quartier commencent à affluer. La température a maintenant très nettement baissé, il doit faire entre 8 et 12. Luis, le patriarche, a allumé un feu dans le champ voisin, qui réchauffe l'air. Henrry s'est déguisé en femme, et demande un droit de passage à toute personne qui passe devant la maison à pied ou en véhicule. Quelques minutes avant minuit, Natalia châtie une representation du president de la republique Lucio Guiterez. en lui infligeant des coups de bâton, pour ensuite y mettre le feu. Il est minuit, une partie de la foule s'est retirée le temps des souhaits en famille. Devant la maison, ce sont les accolades et embrassades d'une centaine de personnes.
Henrry m'apprend qu'il a récolté 30 $. Puis la rue se remplit de nouveau, à 1 h 00 il y a plus de 300 personnes qui dansent sur un rythme endiablé de salsa.
Il fait toujours aussi froid, mais depuis un moment, des personnes que je ne connais pas, m'offrent dans un verre commun, une boisson alcoolisée et chaude. J'apprends que la coutume est d'acheter une bouteille (1 $) qui contient un mélange d'eau, de cannelle, de narazilla et d'alcool de canne à sucre, le tout réchauffé dans une marmite. Ensuite, équipé d'un petit verre plastique, on offre à boire à qui on veut sur la piste !!
L'ambiance va ainsi durer jusqu'à 6 h 00 du matin pour les plus résistants. Apres les festivités de fin d'année, Quito semble être plus calme. Mis à part les heures de pointe du matin, du midi et du soir, les rues sont moins fréquentées que d'habitude. Les seuls endroits qui attirent la foule sont les places et les parcs, principalement el Parque de la Carolina. En empruntant l'un des deux tramways qui traverse la capitale, je rejoins ce bois de Boulogne
sans arbres. Un nombre incroyable d'activités s'y déroulent. Foot, basket, volley, skate, footing, cours de salsa
..il y a aussi une piste cyclable et des manèges. Le parc se trouve dans le quartier chic de Vatan.
La population d'origine indienne, est ici quasi absente, ou alors derrière une tienda. A noter que le ministre de la culture récemment élu est d'origine indienne et que j'ai pu voir plusieurs manifestations qui regroupaient la population indienne réclamant leurs droits face au ministère. Mon travail à l'agence me laisse peu de temps pour visiter l'Equateur. Aussi ce week-end je vais me rendre sur la côte, à Benerbales.
J'ai prévu aussi prochainement de visiter le parc de Mindo, Volcan de Pululahoa.......et surtout les Iles Galapagos que je vais rejoindre à la mi-janvier en tant qu'agent de tourisme
A bientôt
Yann |