HISTOIRE DU CHILI
DECOUVERTE
1494 - Traité de Torsedillas, c'est le partage des Amériques
entre le Portugal et l'Espagne. Cette dernière reçoit
toutes les terres à l'ouest du Brésil.
1520 - Fernand Magellan découvre un détroit permettant
de relier l'Atlantique au Pacifique sans contourner la Terre de
feu. À cette époque, le territoire du Chili est totalement
inconnu des Européens. Le Nord est occupé par l'empire
Inca. Plus au Sud règnent ceux que les Espagnols appelleront
les Auracans : les Mapuches.
LA COLONISATION
1536/1537 - Le pays est découvert par les Européens lors d'une
expédition menée par Diego de Almagro, un des
lieutenants de Pizarro, le conquistador de l'empire Inca
au Pérou. Il s'établit dans la vallée d'Aconcagua.
1541 - Une nouvelle expédition
menée par Pedro de Valdivia atteint la vallée
fertile du Mapocho. Santiago est fondée la même année.
Six mois plus tard, elle fut complètement détruite
par une attaque des Indiens Araucans. La Serena, Valparaiso, Concepción,
Valdivia et Villarrica suivent peu après. Tandis que les
maladies infectieuses importées par les nouveaux arrivants
déciment les Indiens, les métis doivent travailler
comme métayers sur les vastes exploitations agricoles.
1553 - Affrontant
l'hostilité des autochtones, Pedro de Almagro est
tué par un jeune chef indien, Lautaro. La plupart des villes
espagnoles sont détruites par les Indiens.
1641 - Accord de Quinli, les deux tiers de cet empire sont incorporés
au Chili colonial. Les Mapuches sont repoussés au Sud du
fleuve Bío-Bìo, les Espagnols mettront deux siècles
et demi à les soumettre totalement. En même temps s'opère
un important métissage entre les deux populations d'où
est née une bonne partie de la population du Chili actuel.
L'INDEPENDANCE
1776 - Les échos de l'indépendance des colonies anglaises
d'Amérique du Nord et de la Révolution française
parviennent tout de même jusqu'au Chili. À Santiago,
de génération en génération, se forme
une élite, dite criollos, qui peu à peu s'oppose
aux Espagnols (ceux qui sont né en métropole). L'Auracanie
est un vaste empire qui s'étend du moyen Chili à la
Pampa argentine.
1810 - Profitant de l'occupation de l'Espagne par les armées napoléoniennes,
le Chili proclame son indépendance le18 septembre. Le Chili
est alors en pleine révolution, les royalistes s'opposant
aux patriotes, parmi ces derniers : Bernardo O'Higgins (fils
d'un ingénieur espagnol d'origine irlandaise). Les ports
du Chili sont fermés à tous les navires non espagnols.
Les jésuites ouvrent des écoles et des collèges,
mais tout livre étranger est interdit. Les contacts avec
le monde extérieur sont très limités.
1811 - L'Assemblée proclame la liberté du commerce : le Chili
sort de son isolement. Bernardo O'Higgins prend la tête
du parti réformiste. José Miguel Carrera s'institue
dictateur. Ce qui provoque une guerre civile contre le Sud resté royaliste.
1814 - Retour au colonialisme espagnol après la défaite des
armées chilienne à Rancagua.
1814/1817 - Guerre
contre l'Espagne qui tente de contrôler le Chili. Les Espagnols
sont repoussés avec l'aide du général argentin San Martín.
1817 - San Martín et O'Higgins entrent victorieux dans la
capitale. Le premier ayant refusé le pouvoir qu'on lui offrait,
le second est alors nommé chef suprême du Chili. Le
gouvernement monarchiste espagnol est remplacé par un pouvoir
républicain non démocratique aux mains de l'oligarchie
créole.
1828. Ainsi disparaît formellement la tutelle espagnole qui depuis
le début de la colonisation gouvernait le Chili, via la vice-royauté
du Pérou.
1820 - Une escadre quitte Valparaiso pour libérer le Pérou
de la tutelle espagnole. L'indépendance du Pérou est
proclamé le 28 juillet.
1823 - O'Higgins doit abandonner le pouvoir après s'être
mis à dos la majorité de la population. Son successeur Ramon Freire fera de même en 1826.
1826 - C'est l'anarchie complète, les coups d'États se succèdent.
1830 - Le conservateur, Diego Portale devient l'homme fort du Chili
jusqu'à sa mort en 1837.
1844 - L'Espagne reconnaît l'indépendance du Chili.
L'EXPANSION
1846 - Début de l'immigration
allemande au Chili. La plupart s 'établit dans la région
de Valvidia, au Sud du pays.
1851 - Les
cépages français, notamment du Bordelais, sont
introduits au Chili. Ils feront la renommée des vignobles
chiliens. Le Chili s'enrichit et se développe rapidement.
Le port de Valparaiso sera en pleine activité jusqu'à l'ouverture du canal de Panama en 1914.
1879/1881 - La guerre du Pacifique oppose le Chili à la Bolivie
et au Pérou. Le Chili victorieux annexe les régions
d'Antofagasta et d'Arica qui forme le nord du Chili actuel. Le traumatisme
moral et territorial de leur défaite n'est pas effacé
dans les pays voisins, en particulier pour la Bolivie qui est privée
d'accés à la mer.
1881 - Le
territoire mapuche est incorporé à la république
du Chili. La "pacification de l'Auracanie" fut en fait
un véritable génocide.
1888/1891 - la présidence de José Manuel Balmaceda est une des
plus progressiste qu'ait connu le continent. Sur le plan intérieur,
les conservateurs, très attaché à l'Église,
s'opposent aux libéraux. Ces derniers font voter les lois
de laïcité.
1892/1924 - Parlementarisme : l'exécutif est désormais soumis
à l'autorité du Congrès. Beaucoup de pays,
notamment en Europe occidentale connaissent une telle évolution
démocratique. Au Chili, les crises ministérielles
se succèdent.
REFORMES ET RESISTANCES
1927-1931 - La présidence Carlos Ibáñez marqué
par une forte agitation sociale et la crise économique mondiale.
1933 - Fondation
du parti socialiste.
1932/1938 - Second mandat d'Arturo Alessandri (droite modérée).
1938 - Pedro Aguire Cerda (radical et candidat du Front populaire)
est élu président face à un candidat de droite.
Durant trente ans, les centristes vont diriger le pays avec le soutien
fluctuant de la gauche socialiste.
1942 - Juan A. Ríos (radical) est élu président
face à Carlos Ibáñez (candidat des conservateurs
et des libéraux).
1946 - Gabriel González Videla (radical) est élu
président avec notamment le soutien du Parti communiste.
1947 - Le Parti communiste est chassé du gouvernement (sur pression
américaine, comme en France, en Italie
).
1952 - Carlos Ibáñez (ancien président de droite)
est élu président avec le seul soutien du centre.
Il sera ensuite appuyé par les conservateurs, puis finalement
par la gauche à la fin de son mandat.
1958 - Jorge Alessandri (fils d'un ancien président et candidat
de la bourgeoisie d'affaire) est élu de justesse face à Salvador Allende (socialiste, candidat du Front d'action
populaire). Les radicaux soutiennent Alessandri.
1964 - Eduardo Frei (démocrate-chrétien) est élu
avec l'appui des conservateurs et des libéraux face à Salvador Allende.
1969 - L'agitation sociale va croissant et le Général
Viaux tente un coup d'État. L'industrialisation s'accélère
grâce aux capitaux publics investis massivement. L'endettement
du pays abouti à l'ouverture du pays aux capitaux étrangers.
1970 - Salvador Allende est élu président avec 36,3
% des suffrages, face au candidat de la droite, Jorge Alessandri,
et au candidat démocrate-chrétien. Il entreprend la
nationalisation des mines et des banques. Allende était le
candidat de l'Unité populaire (PS, PC, radicaux et aile gauche
de la DC qui a fait scission). Pendant quelques mois, les démocrates-chrétiens
soutiennent le président Allende. Ils participeront ensuite
à sa chute.
1971 - Le Congrès national approuve à l'unanimité
la réforme consti-tutionnelle permettant la nationalisation
du cuivre. Ce secteur était jusque-là contrôlé
par de grandes sociétés nord-américaines. Les
relations entre le Chili et les États-Unis se dégradent
rapidement. Fidel Castro, en visite à Santiago, est
acclamé par la foule.
1972 - Dans
un contexte de crise, trois ministres militaires intègrent
le gouvernement Allende. Financée par la CIA, une grève
des chauffeurs routiers paralyse l'économie du pays. Les
Etats-Unis organise le boycott économique du pays au niveau
international.
LA DICTATURE
1973 - Coup d'État de l'armée mené par le Général
Pinochet. Le 11 septembre, le palais présidentiel de
la Moneda est pris d'assaut. Le président Allende se suicide.
La démocratie et les libertés sont suspendues, des
centaines de milliers de personnes sont arrêtée.. Tortures
et exécutions sommaires se multiplient dès les premiers
jours du nouveau régime : plus de 3 000 victimes.
1974 - 300 000 hectares attribués
par la réforme agraire de Salvador Allende aux communautés
indigènes sont vidés de leurs occupants, achetés
ou concédés à des entreprises forestières
ou à d'anciens latifundistes de la zone.
1976 - Orlando Letelier, ancien
ministre des Affaires étrangères du président
Allende, est assassiné à Washington par les services
secrets chiliens (la DINA). Le général Prats,
ancien chef d'état-major de l'armée chilienne, opposé
au coup d'État de 1973, avait subi le même sort dans
son refuge de Buenos Aires en 1974.
1978 - La junte du général
Pinochet promulgue une amnistie concernant tous les auteurs de crimes
et délits depuis le coup d'État de 1973.
1980 - Une nouvelle constitution est
promulguée.
1986 - Le régime de Pinochet
perd le soutien de Washington. En 1987, le Chili perd le bénéfice
du système de préférence commerciale avec les
Etats-Unis.
1987 - Visite du pape Jean Paul
II au Chili. Il est reçu par le général
Pinochet au palais de la Moneda. Même si le pape s'exprime
en faveur de la démocratie et des droits de l'homme, cette
visite apparaîtra comme un soutien du Vatican à la
junte militaire.
1988 - L'état d'urgence "
est levé. Augusto Pinochet tente de faire prolonger son pouvoir
jusqu'en 1997 par un plébiscite, 54 % des électeurs
votent " non ". Le dictateur reconnaît sa défaite
et annonce qu'il quittera le pouvoir en mars 1990, terme prévu
de son mandat.
RETOUR A LA DEMOCRATIE
1989 - Élection présidentielle
: la première selon un mode démocratique depuis 1970
(14 décembre). Début de la transition démocratique.
1990 - Passation de pouvoir entre Augusto
Pinochet et Patricio Aylwin, le président élu
en décembre (11 mars). Le dictateur restera commandant en
chef des forces armées jusqu'en 1998 - Le Parlement reprend
ses cessions après 16 ans d'interruption (16 mars).
1991 - Pour la première fois,
il est fait état officiellement des victimes de la dictature
: le rapport de la commission pour la vérité et la
réconciliation recense 3 500 morts.
1993 - Le démocrate-chrétien Eduardo Frei (fils de
l'ancien président du même nom) devient président
de la République
1998 - Le général
Pinochet remet ses pouvoirs de commandant en chef de l'armée
de terre (10 mars) " un exemple de responsabilité pour
ceux qui choisissent la voie du service public " dit de l'ancien
dictateur le ministre chilien de la défense, à cette
occasion. Le général avait été nommé
à ce poste en août 1973 par
le président
Salvador Allende. Le lendemain, Pinochet devient sénateur
à vie. L'ancien dictateur est arrêté à
Londres sur requête de la police espagnole pour répondre
de crimes commis alors qu'il dirigeait la junte militaire (16 octobre).
Son immunité n'est pas prise en compte par les tribunaux
anglais.
2000 - L'Angleterre rejette la demande
d'extradition de Pinochet en invoquant des raisons de santé.
L'ex-dictateur rentre au Chili où il fait l'objet de plaintes
déposées par des familles de victimes. Le Parlement
chilien vote l'immunité judiciaire pour les anciens présidents
de la République : les chances de voir Pinochet jugé
un jour dans son pays semblent donc plutôt compromises. L'armée
chilienne reconnaît l'existence des " disparus "
(août), mais refuse que l'on remette en cause la " loi
" d'amnistie de 1978. Un juge chilien engage des poursuites
contre l'ancien dictateur. En mars, élection du socialiste Ricardo Lagos à la présidence de la République.
2002 - Une femme socialiste, Michelle
Bachelet, est nommée ministre de la Défense (janvier)
- Le 1er juillet, la suspension des poursuites contre Pinochet est
déclarée définitive.
2003 - En dépit de l'hostilité
de l'Église, le divorce est autorisé après
modification du code civil du mariage qui datait de 1880.
2006 - le 16 janvier, Michelle Bachelet est élue présidente du Chili |